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Rougeole

L’agent pathogène

La rougeole est une maladie aiguë provoquée par un virus du genre Morbillivirus, de la famille des paramyxovirus.

Transmission

La rougeole est l’une des maladies les plus contagieuses. Le virus peut être transmis par l’air, par projection de gouttelettes ou par contact direct avec les sécrétions du nez et de la gorge des sujets infectés. On considère que la période contagieuse débute deux à quatre jours avant le début de l’éruption et prend fin quatre jours après.

Caractéristiques cliniques

Après une période d’incubation qui dure généralement entre 10 et 12 jours, mais peut aller de 7 à 18 jours, il apparaît des symptômes prodromiques de fièvre, de malaise, de toux, de rhinite (nez qui coule) et de conjonctivite (rougeur de l’œil) chez des sujets non immunisés qui ont été exposés au virus. Des tâches de Koplik (Boutons blanches sur les bords de la langue) peuvent apparaître sur la muqueuse buccale peu avant le début de l’éruption où bien un à trois jours après. Mais l’absence de tâches de Koplik ne veut pas dire qu’il ne s’agit pas d’un cas de rougeole.

Dans les deux à quatre jours qui suivent l’apparition des symptômes prodromiques, il se manifeste derrière les oreilles et sur le visage une éruption caractérisée par de grandes tâches rouges (éruption maculo-papuleuse). A ce stade, la fièvre est très élevée et peut atteindre 40,6° C. L’éruption se propage au tronc et aux extrémités et dure généralement 3 à 7 jours ; elle peut être suivie d’une desquamation fine. Une toux improductive est présente pendant toute la période fébrile et dure une à deux semaines lorsqu’il n’y a pas de complications.

Parmi les complications de la rougeole figurent otite moyenne, pneumonie, diarrhée, cécité et encéphalite. Dans les pays développés, le taux de létalité par rougeole est généralement faible et se situe entre 0,1- 1 pour 1000 cas. Dans les pays en développement, on estime que le taux de létalité global se situe entre 3 % et 6 %. C’est parmi les nourrissons de moins de 12 mois que ce taux est le plus élevé puisqu’il se situe entre 20 et 30 %. La malnutrition et l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine sont des facteurs de risque pour les complications et la mortalité.

Immunité

L’infection naturelle confère une immunité pour toute la vie. On a constaté que les sujets asymptomatiques présentant des anticorps IgM n’étaient pas contagieux.

Vaccin anti rougeoleux

On utilise de nombreux vaccins viraux vivants de plus en plus atténués, issus pour la plupart de la souche Edmonston. Des anticorps anti rougeoleux apparaissent chez environ 85 % des enfants vaccinés à l’âge de 9 mois, 95 % des enfants vaccinés à l’âge de 12 mois et 98 % de ceux qui ont été vaccinés à l’âge de 15 mois. Compte tenu de l’âge au moment de l’infection et du taux de létalité, l’OMS recommande que la vaccination soit pratiquée chez les enfants de 9 mois dans les pays qui en sont au stade de réduction de la mortalité. Le vaccin anti rougeoleux confère presque toujours une immunité pour toute la vie. Une forte proportion des sujets vaccinés qui ne présentent pas d’anticorps décelables réagissent à l’administration d’une deuxième dose.

REDUCTION DE LA ROUGEOLE

Le plan mondial de la réduction de la rougeole a pour but de :

- réduire de moitié le nombre annuel de décès d’ici 2005 par rapport aux estimations de 1999 ;

- administrer la première dose de vaccin anti rougeoleux aux cohortes successives de nourrissons ;

- faire en sorte que tous les enfants aient une seconde possibilité de se faire vacciner contre la rougeole ;

- renforcer la surveillance de la rougeole en intégrant les données épidémiologiques et les résultats de laboratoire ;

- améliorer la prise en charge de tous les cas de rougeole.

En outre, pour réduire la mortalité infantile d’une façon générale, il faudrait assurer une dose supplémentaire de la vitamine A en coordination avec des services de vaccination.

SURVEILLANCE DE ROUGEOLE

Les fonctions de la surveillance de la rougeole sont les suivantes :

· repérer et notifier les cas et les flambées ;

· recueillir, regrouper et interpréter les données ;

· étudier les cas et les flambées et les confirmer ;

· analyser les données, établir des rapports systématiques et interpréter les données ;

· transmettre les données aux niveaux centraux ;

· assurer une rétro-information à la périphérie.

Dans ces lignes directrices, la surveillance renforcée qui est nécessaire et recommandée uniquement dans les pays se trouvant au stade de l’élimination.

Dépistage et notification

Qui est chargé du dépistage et de la notification ?

Les établissements suivants sont chargés de la notification :

1. Hôpitaux : services hospitaliers et services de consultations externes.

2. Centres/services de santé/dispensaires.

Il est important que les médecins privés et les hôpitaux privés soient inclus dans le système, car ils sont parfois les premiers à voir des cas suspects de rougeole.

A mesure que l’incidence de la rougeole recule, la communauté joue un rôle de plus en plus important dans le dépistage et la notification des cas, parce que les personnes touchées, peu nombreuses, n’iront peut-être pas se faire soigner. Les cas peuvent être déclarés par des pharmaciens, des tradipraticiens, des chefs de village, des enseignants, entre autres. Dans les pays où les tests de laboratoire sont courants, les laboratoires peuvent être d’importants sites de notification.

Chaque établissement de santé devrait désigner une personne et un ou deux remplaçants qui seront chargés de suivre les cas suspects de rougeole et de les notifier. Les mécanismes de notification doivent être à la fois simples et efficaces, faute de quoi les médecins, déjà très occupés, n’enverront pas de rapports.

A notifier ?

Les rapports doivent être adressés au coordonnateur de la surveillance au niveau du district ou de la province. A leur tour, le coordonnateur doit notifier rapidement les agents chargés de la surveillance au niveau central.

Que faut-il notifier ?

Il est recommandé d’utiliser à tous les niveaux la définition du cas de rougeole qui est à la fois sensible et spécifique de manière à normaliser les rapports et éviter que la maladie soit sous‑notifiée.

Définition clinique de cas

Tout sujet chez lequel un médecin soupçonne une infection rougeoleuse ou tout sujet atteint de fièvre et d’une éruption maculo-papuleuse (non vésiculaire) et de toux, de rhinite (nez qui coule) ou de conjonctivite (rougeur de l’œil), doit être notifié comme un cas suspect en attendant les résultats du laboratoire.

A cet effet, le clinicien doit d’abord remplir la fiche de notification individuelle (voir la fiche ci-dessous) et ensuite procédé à un prélèvement de sang veineux sur tube sec et un prélèvement par écouvillon de gorge. La fiche de notification et les deux prélèvements doivent être envoyés dans les meilleurs délais au laboratoire de référence de l’Institut National de Recherches en Santé Publique (INRSP).

Diagnostic de laboratoire

Au niveau du laboratoire de référence, le diagnostic portera sur la recherche des IgM anti- rougeole. D’autres analyses spécialisées peuvent être effectuées sur l’échantillon.


Il est recommandé au clinicien de remplir convenablement la fiche d’investigation individuelle téléchargeable à partir du lien.

En Mauritanie et après avoir mené les trois campagnes de vaccination de la rougeole (2004, 2008 et 2009), le système de surveillance cas par cas est entré en vigueur.

Le système de la surveillance de cette maladie repose sur un service central appuyé par un laboratoire de référence à l’Institut National de Recherches en Santé Publique (INRSP), des points focaux au niveau des DRAS et les médecins chefs des moughataas. Le fonctionnement de ce réseau assure la surveillance hebdomadaire de la rougeole dans la situation normale.

Selon les indicateurs de l’OMS, chaque moughataa doit notifier au moins un cas suspect de rougeole par an. La cible est fixée à 80% des moughataas.