In order to view this object you need Flash Player 9+ support!

Get Adobe Flash player

Powered by RS Web Solutions

Rage

La rage est une maladie Contagieuse, soumise à une déclaration obligatoire selon le règlement sanitaire international. En terme de mortalité, la rage est classée dixième dans la liste des maladies infectieuses mortelles après la dengue, la poliomyélite, la méningite méningococcique et l’encéphalite japonaise. Selon l'OMS, entre 35.000 et 50.000 personnes meurent chaque année des suites de la rage. On appelle rage sylvatique, la rage transmise par les animaux carnassiers.

REPARTITION GEOGRAPHIQUE

La rage animale est présente sur tous les continents à l’exception de l'Australie. Certains pays semble être indemnes, il s’agit Bahreïn, Caraïbes (excepté Cuba et Haïti), Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Gibraltar, Grèce, Indonésie (excepté Bali), Irlande, Islande, Japon, Koweït, Malte, Ile Maurice, Norvège, Nouvelle-Zélande, Iles du Pacifique, Papouasie, Nouvelle Guinée, Portugal, Royaume Uni, Seychelles, Suède, Réunion, Taïwan.

Dans d’autre pays elle est endémique, c'est à dire qu'elle sévit régulièrement, elle peut parfois atteindre le stade épidémique.

HISTOIRE DE LA RAGE

Difficile de connaitre avec l’origine du mot RAGE, il semble qu’il vient du mot" Rabhas " (langue sanskrite) qui signifie " faire violence ". La maladie est décrite pour la première fois dans le code Eshuma à Babylone, au 23ème siècle avant Jésus Christ. Elle sera ensuite décrite par Hippocrate, Démocrite et Aristote dans l'antiquité, puis par Girolamo FRACASTRO en 1530. A cette époque, on a déjà fait le lien, grâce à CELSIUS, entre la rage humaine et la rage due aux morsures d'animaux comme le chien. Louis Pasteur, le père du vaccin antirabique fut admiré de tous le 6 juillet 1885, quand il soigna Joseph Meister, jeune berger mordu par un chien enragé.

LE VIRUS

Le virus responsable de la rage appartient à la famille des Rhabdovirus (rhabdo : baguette) et au genre Lyssavirus (lyssa de la racine lud : violent). Le virus de la rage peut avoir trois formes : une forme allongée en obus, une forme ronde, une forme filamenteuse. Il mesure en moyenne 75 nm de diamètre pour une longueur variant de 130 à 300 nm. Il est constitué :

  1. d'une enveloppe semblable à la membrane cellulaire (double couche phospholipidique qui se constitue à partir du réticulum endoplasmique ou à partir de la membrane plasmique) hérissée d'épines de 9 nm de long appelées spicules
  2. de matériel génétique : un acide ribonucléique (ARN) simple brin enroulé en spirale de 5 protéines.

C'est un virus fragile, il ne peut survivre que très peu de temps à l'extérieur de l'hôte et est détruit par :

  1. la chaleur (15 min à 50°C) ;
  2. la lumière ;
  3. les UV ;
  4. la dessiccation lente (partiellement).

Il est inactivé par :

  1. l'éther ;
  2. le chloroforme ;
  3. l'eau de Javel ;
  4. les solutions savonneuses ;
  5. le formol.

Il est par contre résistant à la putréfaction et peut-être conservé par le froid, la lyophilisation et la glycérine à 50%.

LES ANIMAUX TRANSMETTEURS

Tout animal à sang chaud (homéotherme) peut contracter la rage, le principal vecteur et réservoir dans le monde est le chien. Comme d'autres animaux domestiques, il peut être contaminé par un animal sauvage et contaminer à son tour un humain. Viennent ensuite le chat, le renard, le chacal, le singe.

Les données sur les cas de rage enregistrés sont insuffisantes malgré la présence de plusieurs cas suspects.

Par ailleurs, le nombre de chien infecté n’est pas déterminé avec certitude.

COMMENT PEUT-ON ÊTRE CONTAMINÉ

Le virus de la rage est retrouvé dans les tissus des animaux enragés (système nerveux, sang, glandes salivaires, glandes surrénales…), sa concentration dans la salive est proportionnelle au temps. Cependant le lait, l'urine, la sueur, les larmes, le mucus nasal, les fèces semblent avoir un rôle minime dans la transmission. Le virus ne traverse pas la peau saine mais traverse les muqueuses saines.

La transmission de la maladie se fait par introduction du virus contenu dans la salive (ou le sang) d'un animal atteint de la rage :

  1. morsure ;
  2. contact direct avec la peau lésée d'un animal ;
  3. griffures et léchages ;
  4. blessure par un objet souillé, l'inhalation ou l'ingestion (surtout chez l'animal) ;
  5. transmission dans l'utérus à un fœtus (chez le chien, le cobaye, le lapin, la souris).

La manipulation d'animaux morts peut être contaminant, car le virus garde sa virulence dans le cadavre pendant un certain temps.

LES SYMPTÔME DE LA RAGE

Après une morsure d’animal enragé, le virus pénètre dans les cellules musculaires proches de la morsure où il se multiplie activement. Pour pouvoir pénétrer dans des cellules et s'y multiplier, le virus de la rage doit se fixer sur un récepteur membranaire des neurones (le récepteur nicotinique à l'acétylcholine).

Le virus gagne les centres nerveux en cheminant le long des axones ou dendrites des nerfs périphériques. Cela peut prendre plusieurs semaines pendant lesquelles la personne ou l'animal contaminé ne sent absolument rien : ce temps correspond à la période d'incubation.

Une fois dans le centre nerveux, le virus se multiplie à nouveau, détruisant les cellules nerveuses. Il reprend alors le chemin inverse (septinévrite), gagne les ganglions sous-muqueux de la langue et les canaux salivaires : à partir de là, son rejet à l'extérieur avec la salive assure sa dissémination. Il se répand également dans tout l'organisme (poumons, reins, pancréas…). Une fois les symptômes apparus, l'évolution de la maladie se fait inexorablement vers la mort.

Chez l'homme

Le temps d'incubation dépend de la dose de virus inoculée, de la localisation et de la gravité de la plaie : il varie de 5 jours à plusieurs années et est d'autant plus court que la plaie est proche du système nerveux ou d'une zone où il y a de nombreux nerfs. Les symptômes apparaissent en moyenne 20 à 60 jours après l'exposition.

  1. D'abord, ce sont des symptômes pseudo-grippaux : fièvre, fatigue, céphalées, sensations de malaise ainsi que des troubles locaux (irritation, prurit autour de la plaie qui reste douloureuse même après guérison).
  2. Survient alors la phase aiguë de la maladie : le patient devient anxieux, confus, angoissé, sensible à la lumière et au bruit, souffre d'insomnie, d'agitation, d'hallucination et d'hyperactivité (en cas de rage furieuse) ou de paralysie (en cas de rage muette). Lors de l'ingestion d'un liquide ou à sa simple vue, la salivation et des spasmes musculaires à la déglutition se déclenchent, pouvant causer une véritable hydrophobie.
  3. Deux à dix jours plus tard, complètement paralysé, le malade sombre dans le coma et, sans soins intensifs, meurt quelques jours plus tard par paralysie des muscles respiratoires.

Chez le chien

L'incubation dure 2 semaines à 3 mois voire un an. Les premiers signes sont un changement de comportement. Le chien agressif devient doux et vice-versa. Inquiet, le chien refuse sa nourriture habituelle et se met à chasser des mouches invisibles.

La maladie se déclare au bout de deux jours et peut prendre deux formes différentes.

Dans la forme furieuse, l'animal cherche à mordre tout ce qu'il trouve à sa portée, s'épuise puis se calme et bave en permanence. Sa voix est rauque, bitonale. Il se paralyse progressivement et meurt en 2 à 10 jours.

Dans la forme paralytique ou muette, il n'aboie pas, ne se nourrit plus, reste bouche ouverte et langue pendante, secoue fréquemment la tête et cherche à mordre dès qu'on l'approche. La mort survient en 5 à 8 jours après une paralysie progressive.

Chez le chat

Le chat recherche l'obscurité et émet des miaulements plaintifs. Il se paralyse très vite et meurt en 3 à 4 jours.

Chez les bovins

L'incubation dure environ 2 mois. L'animal émet fréquemment des meuglements rauques et impressionnants et devient très excité attaquant même ceux qui l'approchent. Sa déglutition devient très difficile, il se paralyse et meurt en 3 à 6 jours.

DIAGNOSTIC DE LA RAGE

Le diagnostic peut être réalisé à la phase de rage déclarée par des laboratoires spécialisés à partir de prélèvements salivaires, d'une ponction lombaire, de biopsies. Le diagnostic peut être confirmé à l'autopsie (chez l'homme et chez l'animal).

Selon les circonstances, les conduites à tenir sont différentes :

Action à entreprendre envers :

L’animal

L’homme

Animal non disponible

Traitement antirabique mené jusqu'à son terme

Animal disponible mort

Acheminer par la direction des services vétérinaires l'encéphale de l'animal dans un laboratoire agréé pour analyse

Traitement antirabique à interrompre si analyse négative

Animal vivant non suspect

Mise sous surveillance vétérinaire de l'animal Examens à J0, J7, J14

Décision de traitement différé

Animal vivant suspect

Mise sous surveillance vétérinaire de l'animal, Examens à J0, J7, J14

Traitement antirabique immédiat (interrompu si la surveillance vétérinaire infirme les doutes initiaux)

La présence du virus ne peut être détectée par analyse de sang classique. Il est donc primordial d'effectuer des prélèvements et de les soumettre à analyses. Le diagnostic est effectué par un vétérinaire dans les plus grandes précautions (blouse de laboratoire s'attachant dans le dos et serrée aux poignets, gants Kevlar résistants aux morsures, écran facial ou masque muni d'un filtre HEPA) : il est capital pour la santé publique. Il permet d'identifier le virus dans les tissus infectés mais également de surveiller la population canine et la faune sauvage.

Normalement pour les animaux suspects abattus ou décédés pendant la période de mise sous surveillance vétérinaire, les prélèvements sont adressés aux services vétérinaires compétents à des fins d'analyse.

Il en est de même pour les prélèvements humains de malades présentant des signes évoquant une encéphalite virale sans étiologie précise, recueillis par les services de maladies infectieuses, de neurologie ou de réanimation.

Trois techniques différentes sont utilisées pour analyser les prélèvements :

1. Sur l’animal

a) immunofluorescence directe sur des calques cornéens ou de tissus nerveux, frottis de muqueuse linguale ou de biopsies cutanées avec recherche des antigènes viraux,

b) isolement du virus sur culture de neuroblastomes de chauves-souris,

c) recherche immuno-enzymatique d'antigènes rabiques

2. Sur l'homme vivant

a) mise en évidence de l'ARN viral par RT-PCR (Reverse Transcriptase-Polymerase chain reaction) à partir de la salive et du liquide céphalorachidien du patient,

b) recherche d'inclusions virales au niveau d'une biopsie cutanée,

c) recherche d'anticorps rabiques dans le liquide céphalorachidien par technique de séroneutralisation cellulaire (seule technique de référence) et méthode ELISA.

RECHERCHE FONDAMENTALE

Les recherches fondamentales ont pour objet d'étudier la fonction des composants du virus dans sa multiplication ainsi que ses interactions avec les neurones ou le système immunitaire : il a ainsi été mis en évidence une interaction très forte entre une protéine du complexe transcriptionnel et une protéine motrice du cytosquelette : la dynéine.

Les recherches appliquées sont axées sur l'obtention de vaccins à moindre coût pour les pays en voie de développement où sévit la maladie. La production d'un vaccin à base d'ADN (qui s'est montré très efficace chez le chien) et l'induction d'une protection vaccinale étendue à l'ensemble des lyssavirus par le biais de protéines chimères est en cours.

La mise en place d’une banque mondiale d’isolats est en cours. L'analyse génétique des isolats de lyssavirus peut permettre de déterminer pour chacun son origine géographique et l'espèce animale à laquelle il est préférentiellement adapté. Les résultats sont alors pris en compte pour faire le choix de la méthode appropriée de prophylaxie sanitaire et médicale. Une banque d'isolats rabiques du monde entier permet de caractériser de nouveaux isolats : les souches de virus rabique de référence et de sérums de référence sont ainsi à la disposition des laboratoires spécialisés dans le monde.


LE TRAITEMENT

Il n'y a pas de traitement curatif de la rage, une fois celle-ci déclarée. Il existe par contre un traitement après exposition au risque rabique qui consiste en une vaccination et qui fait apparaître une protection avant que la maladie ne se déclare. Dans certains cas, on associera un traitement par des immunoglobulines spécifiques. Ce traitement séro-vaccinal sera réalisé dans les centres antirabiques.

VACCIN ET VACCINATION

Préparés jadis à partir de moelle de lapins inoculés par le virus de la rage puis inactivée par dessiccation, la vaccination telle que celle pratiquée par PASTEUR sera d'actualité jusqu'en

1952, bien que présentant des effets secondaires. Les vaccins seront par la suite améliorés afin d'être plus efficaces et mieux tolérés. Actuellement, la plupart des vaccins utilisés dans le monde sont produits sur encéphale d'animaux adultes ou nouveau-nés : ils sont maintenant remplacés par des vaccins produits sur cultures de cellules ou œufs embryonnés, plus immunogènes, mieux tolérés et ne présentant plus de risques d'accidents neuro-immunologiques. Le vaccin assure l'immunité contre la rage si on l'administre avant l'exposition (prophylaxie pré-exposition) ou après avoir été exposé (prophylaxie post-exposition) : plus de 6,5 millions de traitements sont ainsi pratiqués chaque année dans le monde, dont plus de 90% en Asie. La vaccination s'avère indispensable chez les voyageurs (après évaluation des risques encourus) et chez les personnes professionnellement en contact avec des animaux vivants ou morts : personnels de laboratoire et de recherche travaillant sur le virus, vétérinaires, animaliers, gardes-forestiers, taxidermistes, personnel des fourrières animales ou de sociétés protectrices d'animaux… La vaccination, généralement par voie intra-musculaire profonde dans le deltoïde, peut se faire en 5 injections (J0, J3, J7, J14 et J28) ou 4 injections : 2 en 2 points à J0, 1 à J7, 1 à J21.

Que faire face à une exposition suspecte : vaccination curative

Le traitement de la rage est efficace s'il est commencé rapidement. Si on pense avoir été contaminé : laver la plaie ou la zone contaminée (zone de léchage, écorchure, morsure, griffure, de dépôt de salive) à l'eau savonneuse et rincer abondamment ; désinfecter la plaie à l'éther, alcool, chloroforme, solution iodée sous forme de teinture ou de solution aqueuse ou eau de Javel diluée au 1/10ème (contact de 15 minutes) : on évitera de la suturer immédiatement ; se rendre au centre de consultation antirabique le plus proche qui procèdera :

· à un rappel de vaccin antitétanique (la salive des animaux peut en effet contenir le bacille tétanique),

· à une nouvelle désinfection de la peau,

· à une injection immédiate de sérum antirabique (assurant une protection immédiate mais de courte durée) suivie, quelques heures après, d'une première injection de vaccin antirabique en cas de blessures importantes des doigts, des pieds, de la face.

Parallèlement, il faut capturer l'animal que le vétérinaire examinera. Si l'animal est vivant, il sera placé sous surveillance vétérinaire. S'il est mort, sa tête sera envoyée à l'Institut Pasteur pour établir le diagnostic de la rage.

PREVENTION DE LA RAGE ou PROPHYLAXIE

La lutte contre la rage animale s'effectue avec succès depuis plusieurs années (vaccination orale des renards par des appâts et vaccination des animaux domestiques). Il est recommandé de ne pas s'approcher ni de capturer des chauves-souris, qui sont par ailleurs une espèce protégée. La vaccination préventive chez l'homme est préconisée pour certaines catégories professionnelles (vétérinaires, gardes-chasses, équarrisseurs...). Elle est également recommandée chez le voyageur se rendant en zone d'endémie. Elle peut être réalisée par tout médecin. Les opérations de lutte contre la rage passaient par l'élimination des renards. Actuellement, les campagnes de destruction par gazage des terriers sont remplacées par des campagnes de vaccination par voie orale (largage par hélicoptères d'appâts contenant le vaccin). Des essais de vaccination de renardeaux capturés au terrier avaient été réalisés dans une réserve naturelle d'Allemagne et dans le canton de Genève. Ce type d'intervention étant très coûteux, c'est en 1978, lors de l'arrivée de la vague de rage vulpine, que l'on reprit la campagne de vaccination orale dans le canton de Valais.

LA RAGE HUMAINE :

C'est le 6 juillet 1885 que les Docteurs GRANCHER et VULPIAN appliquèrent chez l'homme, sous la direction de Louis PASTEUR, le premier traitement antirabique après exposition, c'est à dire après la morsure.

Si aucun traitement de rage déclarée n'existe, on procède à la vaccination associée parfois à la sérothérapie après exposition. Quant à la vaccination avant exposition, elle est indiquée pour les personnes à risque : personnels de laboratoires, vétérinaires, professions en contact avec les animaux, voyageurs en zones d'endozootie rabique.

LA RAGE CANINE :

Pour lutter contre la rage canine, on procède à la vaccination préventive des chiens domestiques et à l'élimination des chiens errants. On utilise actuellement des vaccins antirabiques administrés par voie orale.

QUELQUES CONSEILS :

Si on vit dans une zone infectée, il est très facile d'éviter tout risque de contamination en suivant ces quelques conseils : ne pas toucher, ne pas essayer de soigner un animal domestique dont le comportement a brutalement changé, qui présente des troubles de la locomotion, de la déglutition ou qui s'est battu avec un animal sauvage : appeler d'urgence le vétérinaire ; ne pas caresser, toucher un animal errant ; ne pas manipuler un animal trouvé mort : dans un cadavre, protégé de la lumière et de la chaleur du soleil, le virus peut continuer à vivre plusieurs jours…